Histoire du Lipizzan, cheval impérial

L'École Espagnole de Vienne est créée en 1572 avec des chevaux andalous très appréciés par les Cours d’Europe pour leur élégance, leurs allures, et leur personnalité. Mais dès 1580, les difficultés d’importation de ces chevaux, notamment en raison des guerres, conduisent l’Archiduc Charles II à implanter son propre haras en Autriche, non loin de Vienne, pour y élever les chevaux destinés aux Ecuries Impériales. Il choisit le village de Lipica (aujourd’hui en Slovénie) sur le plateau du Kras (ou Karst)- dont les conditions climatiques sont proches de celles de l’Andalousie et les chevaux réputés depuis l’antiquité pour leur endurance et leur robustesse- et fait importer d’Espagne tout d’abord trois étalons «Brincos», puis 6 autres étalons et 24 juments. Ce sont les double croisements des chevaux importés avec l’antique race indigène du Karst (ou Kras) qui donneront naissance à la race du «Cheval Lipizzan». Par la suite la cour de Vienne soucieuse d'améliorer cette nouvelle race, continuera d'acheter d'autres chevaux espagnols.

A partir de 1700, il sera procédé à de nouveaux apports de sang provenant d'étalons italiens, allemands, et danois d'origine ibéro-arabe. Les reproducteurs Montedoro, acheté en 1739, et Toscanello en 1749, commencent à transmettre les robes gris louvet et pie, très prisées à l’époque. C'est toutefois grâce aux infusions de sang arabe que fut génétiquement favorisée la robe blanche, considérée comme celle des "chevaux impériaux" et devenue ensuite l’une des caractéristiques de la race. La fixation du type dans ses caractéristiques essentielles et son usage de cheval de parade et de combat apparaissent déjà en 1735 au moment de l'inauguration du manège impérial de l’Ecole Espagnole de Vienne. Le Lipizzan va remplacer les andalous pour demeurer jusqu'à nos jours l'acteur principal des grands carrousels et des fêtes somptueuses. 

 

C'est sous le règne de l'Impératrice Marie-Thérèse que les lignés se précisent, l'élevage étant circonscrit aux cinq, puis six lignées dites pures:

  1. ‣PLUTO:                     Andalou gris, né en 1765 au haras royal danois de Frederksborg

  2. ‣CONVERSANO:      Napolitain noir, né en 1767,

  3. ‣MAESTOSO:             Gris, né en 1773 au haras de Kladrub

  4. ‣FAVORY:                   Louvet, né 1779 au haras de Kladrub

  5. ‣NEAPOLITANO:      Napolitain bai, né en 1790

  6. ‣SIGLAVY:                   Pur sang arabe, né en 1810, crée une nouvelle et dernière lignée

Ces six lignées «classiques» et les dix-huit familles classiques de juments (grises du Karts) constituent la base de l'élevage et sont les seules acceptées aujourd’hui aux haras de Piber (où sont élevés les jeunes mâles destinés à l’Ecole Espagnole de Vienne).

Il existe deux autres étalons dont les lignées perdurent à ce jour, le transylvanien INCITATO et le croate TULIPANA l’origine, les chevaux étaient appelés « Pferde der Karster Rasse Lippizaner Zucht », (ou Spanische Karster) soit: « Cheval de la souche lipizzane de la race du Kras ». C’est en 1860 que fut crée l’appellation «Lipizzan» pour les chevaux demeurant à Lipica, tandis que les demi-lourds de trait italiens transférés définitivement, sur ordre des autorités, pour être élevés à Kladrub, prenaient le nom de  «Kladruber». 

Les différentes guerres qui ont enflammé l'Europe centrale durant quatre siècles vont entraîner des exodes multiples. Les grands haras nationaux traditionnels se trouvent aujourd'hui à : Piber en Autriche, Lipica en Slovénie, Djacovo en Croatie, Szilvasvarad en Hongrie, Topolcianskiy en Slovaquie, Kladruby en Tchékie, Simbata de Jos en Roumanie et Montérotondo en Italie.

Voir:  les haras traditionnels

A noter que l’orthographe du nom Lipica en autrichien est Lippiza, transposition phonétique du mot slovène ( lipa: tilleul, lipica: petit tilleul ). L’écriture « Lipizza », à l’italienne, date de 1918.